# Comment bien s’équiper pour rouler en deux-roues toute l’année ?

Rouler en deux-roues 365 jours par an représente un véritable défi en matière d’équipement. Entre les canicules estivales dépassant 35°C et les matinées hivernales où le thermomètre flirte avec le zéro, votre garde-robe motarde doit s’adapter à des variations extrêmes. La clé d’une pratique confortable et sécurisée réside dans la sélection judicieuse de vêtements techniques polyvalents, capables de vous protéger efficacement contre les intempéries tout en assurant votre sécurité en cas de chute. Contrairement aux idées reçues, s’équiper pour toutes les saisons ne nécessite pas forcément un investissement astronomique, mais plutôt une compréhension approfondie des matériaux modernes et une approche stratégique de l’habillement par couches. Les technologies textiles actuelles permettent désormais de concilier protection, confort thermique et respirabilité, transformant radicalement l’expérience du motard quotidien.

Vêtements techniques et stratification multicouche pour deux-roues par temps variable

La stratification multicouche constitue le fondement d’un équipement adapté aux variations climatiques. Ce principe, emprunté aux activités outdoor, repose sur la superposition intelligente de différentes couches vestimentaires, chacune remplissant une fonction spécifique. Cette approche offre une flexibilité incomparable, permettant d’ajuster votre protection thermique en fonction des conditions météorologiques rencontrées durant votre trajet. Plutôt que d’investir dans plusieurs équipements complets pour chaque saison, vous pouvez optimiser votre budget en combinant stratégiquement des vêtements modulaires.

Membranes imperméables et respirantes : Gore-Tex, sympatex et D-Dry

Les membranes techniques représentent une révolution dans l’équipement motard. Le Gore-Tex, référence incontestée depuis des décennies, offre une imperméabilité totale avec 28 000 mm de colonne d’eau, tout en permettant l’évacuation de la transpiration grâce à ses micropores. Cette technologie garantit que vous resterez au sec, qu’il s’agisse de pluie battante ou de condensation interne. Les alternatives comme Sympatex ou D-Dry de Dainese proposent des performances comparables avec des caractéristiques légèrement différentes. Sympatex, par exemple, utilise une membrane sans pores qui fonctionne par diffusion moléculaire, offrant une durabilité supérieure sur le long terme.

L’intégration de ces membranes dans les vêtements moto se décline en deux configurations principales : laminée ou détachable. La version laminée, où la membrane est collée directement au textile extérieur, offre une compacité et une réactivité optimales face aux changements climatiques. En revanche, les doublures détachables permettent un lavage séparé et facilitent le séchage après une averse. Pour un usage quotidien intensif, privilégiez les constructions laminées 3 couches, qui intègrent la membrane entre le tissu extérieur et la doublure intérieure, garantissant ainsi une résistance maximale à l’abrasion et aux déchirures.

Sous-vêtements thermiques en fibres synthétiques et laine mérinos

La couche de base constitue l’élément souvent négligé mais absolument essentiel de votre équipement. Les sous-vêtements techniques en fibres synthétiques comme le polyester ou le polypropylène excellent dans l’évacuation rapide de l’humidité corporelle. Cette propriété, appel

Cette propriété, appelée effet mèche, évite que la sueur ne stagne au contact de la peau, ce qui réduit à la fois la sensation de froid en hiver et l’inconfort en été. À l’inverse du coton, qui absorbe l’humidité et la retient, ces fibres sèchent très rapidement, même sous un blouson moto fermé. Pour les trajets quotidiens en deux-roues, opter pour un ensemble haut et bas technique permet de conserver une température corporelle plus stable, tout en limitant les mauvaises odeurs. Vous gagnez en confort, mais aussi en concentration, car vous n’êtes plus focalisé sur le froid ou l’humidité pendant vos déplacements.

La laine mérinos constitue une alternative particulièrement intéressante pour les motards qui roulent toute l’année. Naturellement antibactérienne et inodore, elle régule très bien la chaleur, ce qui la rend idéale en intersaison et en hiver. Contrairement aux pulls en laine traditionnels, les sous-couches en mérinos sont fines, extensibles et agréables directement sur la peau. Leur principale force réside dans leur capacité à rester performantes même humides : vous avez froid à l’arrêt, mais dès que vous repartez, la sensation de confort revient rapidement. Pour un usage intensif, combiner une première couche en synthétique très respirante et une seconde en mérinos offre un excellent compromis pour rouler à moto par tous les temps.

Vestes et pantalons modulaires avec doublures amovibles

Pour rouler en deux-roues toute l’année sans multiplier les tenues, les vestes et pantalons modulaires à doublures amovibles sont vos meilleurs alliés. Ces équipements trois-en-un intègrent généralement une doublure thermique zippée et une doublure étanche ou une membrane fixe, ce qui permet d’adapter la configuration à la météo du jour. En hiver, vous conservez l’ensemble des couches pour un maximum d’isolation ; au printemps ou en automne, vous retirez la doublure chaude tout en gardant la protection pluie ; en été, vous pouvez enlever toutes les doublures et ouvrir largement les ventilations. C’est un peu l’équivalent d’un “couteau suisse textile” pour le motard du quotidien.

Sur le plan pratique, privilégiez les vestes et pantalons qui disposent de zips de ventilation efficaces (poitrine, dos, cuisses) et facilement manipulables avec des gants. Assurez-vous également que les doublures soient faciles à enlever et à remettre, car vous serez tenté de les ajuster souvent, notamment en intersaison lorsque les écarts de température matin/soir sont importants. Une autre caractéristique à ne pas négliger est la présence d’un zip de connexion entre le haut et le bas : en reliant veste et pantalon, vous limitez les entrées d’air au bas du dos et améliorez considérablement la protection en cas de glissade. Pour un trajet domicile-travail, ces détails font toute la différence entre un équipement que l’on supporte et un équipement que l’on aime vraiment utiliser tous les jours.

Coupe-vent softshell et vêtements intermédiaires isolants

Entre la couche de base et votre blouson moto, la couche intermédiaire joue un rôle clé pour lutter contre le froid sans vous transformer en “Bibendum”. Les vêtements softshell, conçus dans un textile coupe-vent, légèrement déperlant et extensible, offrent une excellente isolation contre l’air relatif généré par la vitesse. Ils évitent les entrées d’air parasites au niveau du torse et des bras, souvent responsables de la sensation de froid même avec un blouson épais. Leur avantage majeur ? Vous pouvez les porter également au bureau ou en dehors de la moto, ce qui les rend très polyvalents pour un usage urbain.

Les doudounes légeres en synthétique ou en duvet, ainsi que les polaires fines, constituent d’autres options pertinentes comme couches intermédiaires. L’idée n’est pas d’empiler les vêtements, mais de choisir une pièce isolante qui emprisonne de l’air sans gêner vos mouvements au guidon. Un bon test consiste à enfiler l’ensemble complet et à simuler vos mouvements de conduite : si vous vous sentez comprimé ou limité, il faudra opter pour un intermédiaire plus fin. En pratique, un combo sous-vêtement technique + mid-layer softshell ou polaire + veste moto bien ajustée couvre déjà la grande majorité des conditions rencontrées par un motard ou scootériste qui roule toute l’année.

Équipements de protection certifiés selon la norme EN 17092

Au-delà du confort thermique, rouler en deux-roues toute l’année implique un niveau de protection cohérent avec votre usage. Depuis quelques années, la norme EN 17092 s’est imposée comme référence pour les vêtements de protection moto. Elle classe les équipements en plusieurs niveaux (AAA, AA, A, B, C) selon leur résistance à l’abrasion, à l’éclatement des coutures et à la déchirure. Concrètement, plus le niveau est élevé, plus le vêtement est conçu pour encaisser une glissade prolongée sur le bitume. Pour un usage quotidien mêlant urbain et périurbain, viser au minimum une homologation AA sur le blouson et le pantalon représente un bon équilibre entre protection, poids et souplesse.

Il est essentiel de comprendre que la norme EN 17092 concerne l’ensemble du vêtement, et pas uniquement les protections rigides amovibles. Deux blousons visuellement similaires peuvent offrir des performances très différentes en cas de chute. Avant d’acheter, prenez le temps de vérifier l’étiquette à l’intérieur : elle mentionne clairement le niveau de certification (par exemple EN 17092-3:2020 AA). En procédant ainsi, vous vous assurez que votre équipement toutes saisons n’est pas seulement confortable, mais qu’il constitue une véritable “carrosserie textile” capable de protéger efficacement votre peau, quels que soient la saison et le type de trajet.

Protections dorsales et thoraciques de niveau 1 et 2

La protection dorsale reste l’un des éléments les plus importants de votre équipement de protection motard, et pourtant encore trop souvent négligé. La majorité des blousons et vestes sont livrés avec une simple mousse non homologuée, insuffisante pour absorber l’énergie d’un impact sérieux. Pour rouler en deux-roues toute l’année avec un bon niveau de sécurité, il est vivement recommandé d’installer une dorsale certifiée EN 1621-2. Cette norme distingue deux niveaux : le niveau 1, déjà très protecteur, et le niveau 2, plus épais mais capable de réduire encore davantage la force transmise à la colonne vertébrale.

En complément, de plus en plus de fabricants proposent des protections thoraciques homologuées EN 1621-3, conçues pour se loger dans des poches dédiées à l’avant du blouson. Leur rôle est de protéger le sternum et les côtes, zones particulièrement exposées lors d’un choc frontal, notamment en ville. Pour les trajets domicile-travail, où l’on partage la route avec beaucoup de voitures et de camions, cette protection supplémentaire peut faire la différence. Vous préférez limiter les couches ? Les gilets airbag électroniques ou filaires intègrent souvent une protection du thorax et du dos de niveau très élevé, tout en restant compatibles avec une utilisation quotidienne.

Gants homologués CE avec renforts métacarpes et phalanges

Les mains sont le premier réflexe de protection lors d’une chute, ce qui explique pourquoi les gants moto homologués sont obligatoires en France. Pour rouler toute l’année, il est souvent nécessaire de posséder au moins deux paires : une paire estivale ventilée et une paire hivernale isolante et étanche. Dans tous les cas, vérifiez la présence du marquage CE et de la norme EN 13594, gage de résistance à l’abrasion et aux déchirures. Les modèles de qualité intègrent des renforts rigides ou semi-rigides sur les métacarpes, ainsi que des renforts sur les phalanges et la paume, zones les plus exposées en cas de glissade.

Pour un usage quotidien, la fermeture au poignet est un point crucial : un gant mal serré peut être arraché lors d’un choc, annulant toute sa fonction protectrice. Préférez donc les gants avec double serrage (poignet + manchette) pour un maintien optimal. En hiver, la tentation est grande d’opter pour des gants très épais, mais un compromis doit être trouvé pour conserver une bonne sensibilité sur les commandes. C’est là que les gants chauffants ou les doublures fines associées à des poignées chauffantes prennent tout leur sens : ils permettent de garder les doigts souples et réactifs, sans sacrifier la sécurité ni le confort thermique.

Bottes moto techniques avec protection malléoles et tibias

Les pieds et les chevilles subissent de nombreux chocs lors d’un accident en deux-roues, même à basse vitesse. C’est pourquoi il est vivement conseillé de porter des bottes ou chaussures moto homologuées, plutôt que de simples baskets de ville. Les modèles certifiés EN 13634 intègrent systématiquement des renforts au niveau des malléoles, des pointes de pieds et souvent des tibias. Ils offrent aussi une meilleure résistance à l’écrasement et à la torsion que des chaussures classiques. En ville, les baskets moto montantes représentent un bon compromis entre protection, confort de marche et discrétion au bureau.

Pour rouler toute l’année, l’étanchéité est un critère majeur : rien n’est plus désagréable que de passer la journée avec les pieds trempés après une averse. Les bottes équipées de membranes type Gore-Tex ou équivalent garantissent un bon niveau d’imperméabilité tout en laissant le pied respirer. En hiver, une paire de chaussettes techniques plus épaisses suffit généralement à compléter l’isolation, sans nécessité de changer de bottes. Vous roulez principalement en été ou en climat doux ? Des chaussures moto aérée ou perforées peuvent suffire, à condition de ne jamais sacrifier la hauteur de tige : la protection de la cheville reste non négociable.

Genouillères et coudières amovibles certifiées CE

Les protections de coudes et de genoux, souvent fournies d’origine dans les blousons et pantalons moto, jouent un rôle clé dans la répartition de l’énergie en cas de chute. Certifiées EN 1621-1, elles existent en deux niveaux de protection (1 et 2), les versions de niveau 2 étant plus protectrices mais parfois un peu plus volumineuses. Pour un usage au quotidien, les coques souples en mousse à mémoire de forme ou en matériaux à durcissement progressif (type D3O, par exemple) offrent un excellent compromis entre confort et sécurité. Elles restent flexibles pendant la conduite, mais deviennent rigides à l’impact, comme un airbag localisé.

L’un des points souvent sous-estimés est le bon positionnement de ces protections. Une genouillère qui descend sur le tibia ou une coudière qui remonte vers le biceps au moindre mouvement perd une grande partie de son efficacité. Lorsque vous essayez un blouson ou un pantalon, installez-vous en position de conduite, pliez les bras et les genoux, et vérifiez que les protections restent bien en face des articulations. Si nécessaire, utilisez les poches réglables ou les sangles de serrage pour les maintenir en place. Pour les scootéristes ou les utilisateurs occasionnels, des genouillères et coudières externes à enfiler par-dessus un jean constituent une solution intéressante, surtout en ville, car elles se retirent facilement une fois arrivé au travail.

Casques intégraux et modulables adaptés aux conditions hivernales et estivales

Le casque reste l’élément central de votre équipement de protection, et son choix est d’autant plus stratégique lorsque l’on roule en deux-roues toute l’année. Entre les longs trajets autoroutiers en plein hiver et les embouteillages étouffants en été, un casque inadapté peut rapidement devenir un calvaire. Les casques intégraux offrent la meilleure protection globale, notamment au niveau de la mâchoire, mais les casques modulables séduisent de nombreux motards urbains pour leur polyvalence : mentonnière relevable à basse vitesse, configuration intégrale dès que l’on prend de la route. La clé est de choisir un modèle qui reste confortable quelle que soit la saison, avec une ventilation efficace et une bonne gestion de la buée.

Systèmes de ventilation réglables et écrans antibuée pinlock

Lorsque l’on enchaîne les trajets en toutes saisons, la ventilation du casque devient un critère aussi important que son poids ou son niveau sonore. Un bon casque doit proposer plusieurs entrées d’air (menton, front, sommet du crâne) et un extracteur à l’arrière, afin de créer un véritable flux interne. En été, ce flux permet d’évacuer la chaleur accumulée, tandis qu’en hiver, vous pouvez fermer la plupart des aérations pour limiter les courants d’air froid. Pensez à vérifier la facilité de manipulation des curseurs de ventilation avec des gants, car vous serez amené à les ajuster souvent, par exemple en quittant la ville pour une portion plus roulante.

La lutte contre la buée est un autre enjeu majeur, notamment lors des matins froids et humides. Les écrans équipés d’une lentille antibuée Pinlock offrent aujourd’hui la meilleure solution. Cette lentille transparente se fixe à l’intérieur de la visière et crée une barrière isolante, limitant la condensation même lorsque vous respirez fort ou roulez sous la pluie. Pour les utilisateurs qui portent des lunettes, c’est presque indispensable. Certains casques haut de gamme intègrent également des traitements hydrophobes ou des systèmes de double écran façon “masque de ski”, très efficaces en hiver. L’objectif est simple : vous permettre de garder la visière fermée, donc protégée, sans sacrifier la visibilité.

Homologation ECE 22.06 et indices de sécurité SHARP

Depuis l’entrée en vigueur progressive de la norme ECE 22.06, les exigences en matière de tests de casques moto ont été renforcées. Cette nouvelle homologation remplace peu à peu l’ancienne 22.05 et impose des impacts à différentes vitesses et sur davantage de zones de la calotte, y compris les parties plus “exotiques” susceptibles d’être touchées lors d’un choc réel. Si vous achetez un casque neuf pour rouler toute l’année, l’idéal est d’opter directement pour un modèle 22.06, qui vous garantit un niveau de protection conforme aux standards les plus récents. L’étiquette d’homologation se trouve sur la jugulaire : prenez le temps de la vérifier avant l’achat.

Pour aller plus loin, le programme SHARP (Safety Helmet Assessment and Rating Programme) mené au Royaume-Uni propose une notation de 1 à 5 étoiles basée sur des tests indépendants complémentaires. Même s’il ne remplace pas l’homologation européenne, il donne une indication utile pour comparer plusieurs casques d’une même gamme de prix. Un casque noté 4 ou 5 étoiles SHARP offre généralement un bon rapport entre absorption des chocs et maintien. En combinant l’homologation ECE 22.06 et un bon score SHARP, vous mettez toutes les chances de votre côté pour rouler en deux-roues 365 jours par an avec un niveau de sécurité optimal.

Écrans photochromiques et teintés pour variations lumineuses

Lorsque vous roulez toute l’année, vous êtes confronté à une grande variété de conditions lumineuses : soleil bas en hiver, contre-jour, tunnels, trajets de nuit après le travail… Changer d’écran à chaque sortie n’est évidemment pas réaliste. C’est là que les écrans internes solaires rétractables, présents sur de nombreux casques modulables et intégraux routiers, prennent tout leur sens. D’un simple geste, vous abaissez une visière teintée qui protège vos yeux du soleil, sans avoir besoin de porter des lunettes de soleil sous le casque. C’est particulièrement pratique en ville, où les zones d’ombre et de lumière alternent constamment.

Pour ceux qui roulent beaucoup, les écrans photochromiques représentent une solution encore plus aboutie. Ils se teintent automatiquement sous l’effet des UV et redeviennent clairs en quelques minutes lorsque la luminosité baisse. Associés à un bon système antibuée, ils permettent de passer d’un trajet de jour à une sortie nocturne sans se poser de questions. Il existe même des écrans électrochromiques qui changent de teinte instantanément via un bouton, bien que leur coût reste élevé. Quelle que soit la solution retenue, veillez toujours à conserver un écran clair pour la nuit : rouler avec une visière trop teintée dans l’obscurité dégrade fortement la perception des reliefs et augmente les risques, notamment en milieu urbain.

Accessoires thermiques pour extrémités exposées au froid

Lorsque le mercure chute, ce sont toujours les mêmes zones qui souffrent en premier : mains, pieds, cou et visage. C’est logique, car ce sont des extrémités moins irriguées lorsque le corps cherche à préserver ses organes vitaux. Pour continuer à utiliser votre deux-roues en hiver sans transformer chaque trajet en épreuve de résistance, il est donc crucial de soigner ces points faibles avec des accessoires thermiques adaptés. On peut comparer cela à l’isolation d’une maison : vous aurez beau avoir des murs épais, si vous laissez les fenêtres grandes ouvertes, vous aurez froid.

Outre les gants hiver déjà évoqués, les poignées chauffantes et les manchons constituent un duo redoutable pour affronter les températures négatives. Les poignées chauffantes, alimentées par la batterie de la moto ou du scooter, diffusent une chaleur douce directement dans la paume, ce qui améliore nettement le confort et la souplesse des doigts. Les manchons, eux, créent une barrière physique contre le vent relatif et la pluie ; combinés à des gants mi-saison, ils permettent souvent de se passer de gants très épais. Certains motards trouvent leur esthétique discutable, mais du point de vue de l’efficacité, peu de solutions rivalisent.

Pour les pieds, des chaussettes techniques thermiques en laine mérinos ou en fibres spécifiques font une énorme différence par rapport à des chaussettes de ville classiques. Elles évacuent mieux l’humidité, piègent davantage d’air chaud et évitent la sensation de pied mouillé qui arrive vite dans un environnement froid et fermé comme une botte. Sur les trajets plus longs, des semelles isolantes ou chauffantes (sur batterie ou à usage unique) peuvent compléter l’arsenal. N’oublions pas non plus le tour de cou ou la cagoule : en protégeant la nuque et la base du crâne du vent, vous limitez aussi les courbatures et le risque de torticolis après plusieurs jours consécutifs de froid.

Enfin, pour ceux qui roulent vraiment par conditions extrêmes, les sous-vestes chauffantes et les pantalons chauffants, alimentés par la moto ou via des batteries autonomes, offrent un confort inégalé. Ils fonctionnent comme un chauffage électrique intégré sous votre blouson, avec plusieurs niveaux de puissance. Bien utilisés, ces équipements permettent de maintenir une température corporelle stable sans multiplier les couches épaisses. L’important est de rester à l’écoute de votre corps : si malgré tout vous commencez à perdre la sensibilité dans les doigts ou les pieds, mieux vaut faire une pause au chaud plutôt que de forcer, car le froid altère fortement vos réflexes et votre capacité de réaction.

Équipements haute visibilité et éclairage actif pour rouler de nuit

Rouler en deux-roues toute l’année, c’est aussi accepter de circuler souvent de nuit, surtout en hiver lorsque la nuit tombe tôt. La visibilité devient alors un enjeu majeur de sécurité. Un motard ou scootériste mal visible se fond facilement dans le trafic, en particulier sous la pluie, lorsque les surfaces brillantes et les reflets brouillent la perception des automobilistes. Pour empiler les cartes de votre côté, il est pertinent d’associer des équipements haute visibilité et un éclairage actif performant. L’objectif est simple : être vu tôt, clairement, et sous tous les angles.

Les gilets ou inserts fluorescents (jaune, orange) combinés à de larges zones rétro-réfléchissantes sur le blouson, le pantalon et le casque améliorent considérablement votre détection visuelle. Le fluo est particulièrement efficace en journée et au crépuscule, tandis que le rétro-réfléchissant joue son rôle de nuit en renvoyant la lumière des phares. Certains fabricants intègrent désormais des bandes réfléchissantes à 360°, visibles de face, de dos et de côté. Pour un usage quotidien, un gilet haute visibilité léger, enfilé par-dessus votre équipement principal, offre un excellent rapport praticité/efficacité et se range facilement dans un top-case ou sous une selle.

Côté moto ou scooter, le renforcement de l’éclairage peut passer par l’ajout de feux additionnels homologués (feux longue portée ou antibrouillard) ou par le remplacement des ampoules halogènes d’origine par des ampoules plus performantes, dans le respect de la réglementation. Vous pouvez aussi utiliser des feux diurnes (DRL) si votre machine en est équipée, ce qui améliore la visibilité en journée, même par beau temps. Certains casques intègrent également des feux arrière LED ou des systèmes clignotants couplés à l’intercom, une façon supplémentaire de signaler votre présence dans la circulation dense. Pensez enfin à entretenir régulièrement votre visière et vos phares : une vitre sale peut réduire de plus de 30 % la quantité de lumière réellement transmise.

Entretien et stockage des équipements textiles techniques toutes saisons

Un bon équipement moto toutes saisons représente un investissement important ; il serait dommage de réduire sa durée de vie par manque d’entretien. Les textiles techniques comme le Gore-Tex, le D-Dry ou les tissus mesh ventilés nécessitent un minimum de soin pour conserver leurs propriétés d’imperméabilité et de respirabilité. Contrairement à une idée reçue, laver une veste ou un pantalon avec membrane ne l’abîme pas, au contraire : cela permet d’éliminer la saleté, la sueur et les résidus gras qui obstruent les fibres et réduisent les performances. Il suffit de suivre les recommandations du fabricant, généralement indiquées sur l’étiquette : lavage en machine à basse température, lessive spéciale textiles techniques, rinçage abondant et séchage à l’air libre.

Pour réactiver la déperlance du tissu extérieur (cette capacité à faire perler l’eau en gouttes), il est souvent nécessaire d’appliquer périodiquement un traitement spécifique en spray ou en lavage. Ce traitement évite que le textile ne se gorge d’eau, ce qui alourdit la veste et donne une sensation de froid, même si la membrane sous-jacente reste étanche. Les cuirs, de leur côté, demandent un entretien avec des produits adaptés (nettoyant doux, graisse ou crème nourrissante) pour éviter qu’ils ne sèchent, ne craquellent ou ne perdent leur souplesse. Un cuir bien entretenu conserve de très bonnes capacités de résistance à l’abrasion sur la durée.

Le stockage de votre équipement entre deux saisons a également son importance. Évitez les caves humides ou les garages mal ventilés qui favorisent moisissures et mauvaises odeurs. L’idéal est de suspendre vestes et pantalons sur des cintres larges, à l’abri de la lumière directe du soleil, dans un endroit sec. Les casques doivent être rangés dans leur housse, visière ouverte, pour permettre à l’intérieur de respirer et limiter le vieillissement prématuré des mousses et des colles. Profitez des périodes de moindre utilisation (par exemple l’été pour l’équipement hiver) pour contrôler l’état des protections, des coutures, des zips et des serrages : mieux vaut remplacer une fermeture fatiguée ou une coque abîmée à l’intersaison que le découvrir le matin, en retard, juste avant de partir travailler.

En prenant l’habitude de vérifier, nettoyer et stocker correctement vos vêtements et accessoires, vous prolongez non seulement leur durée de vie, mais vous conservez aussi leur niveau de performance initial, qu’il s’agisse de protection en cas de chute ou de confort face aux intempéries. Rouler en deux-roues toute l’année devient alors moins une contrainte qu’un véritable mode de vie, appuyé sur un équipement fiable, évolutif et toujours prêt à affronter la saison suivante.