# Quels équipements de sécurité sont indispensables en scooter ?

La conduite d’un scooter représente un mode de déplacement économique et pratique, particulièrement apprécié en milieu urbain. Cependant, la vulnérabilité des scootéristes face aux risques routiers impose une vigilance accrue en matière de protection. Contrairement aux automobilistes protégés par l’habitacle de leur véhicule, vous êtes directement exposé aux chocs, aux intempéries et aux projections diverses. Chaque année, les statistiques de la sécurité routière rappellent cette réalité : les usagers de deux-roues motorisés représentent 23% des tués sur les routes françaises, alors qu’ils ne constituent que 2% du trafic. Face à ces données alarmantes, l’équipement de protection devient votre unique rempart contre les conséquences d’une chute ou d’un accident. La réglementation française impose aujourd’hui certains équipements obligatoires, mais la sécurité optimale nécessite bien davantage qu’un simple respect du code de la route.

Casque intégral et casque jet : normes ECE 22.06 et homologation obligatoire

Le casque constitue l’élément fondamental de votre protection, celui qui peut littéralement sauver votre vie lors d’un impact. Sa fonction première consiste à absorber l’énergie cinétique générée par un choc et à répartir les forces d’impact sur l’ensemble de la calotte, préservant ainsi votre cerveau des traumatismes crâniens. Les statistiques démontrent qu’un casque homologué réduit de 40% le risque de décès et de 70% le risque de blessures graves à la tête. Pourtant, tous les casques ne se valent pas, et le choix entre différents modèles influence directement votre niveau de protection.

Différences techniques entre casque intégral, modulable et jet pour la protection crânienne

Le casque intégral représente la référence absolue en matière de protection. Sa conception enveloppe totalement votre tête, incluant une mentonnière fixe qui protège le maxillaire et la mâchoire. Cette configuration offre une protection optimale lors d’impacts frontaux, statistiquement les plus fréquents et les plus dangereux. Le casque intégral présente également une meilleure isolation phonique et une protection accrue contre le vent et les projections. Son poids, généralement compris entre 1300 et 1600 grammes, est compensé par une répartition équilibrée sur l’ensemble du crâne.

Le casque jet, privilégié par de nombreux scootéristes urbains, se distingue par son absence de mentonnière. Cette conception ouverte procure une sensation de liberté appréciable et facilite grandement la communication lors des arrêts fréquents en ville. Son poids réduit, oscillant entre 900 et 1200 grammes, diminue la fatigue cervicale sur les trajets quotidiens. Cependant, cette praticité s’accompagne d’un compromis sécuritaire : le visage et la mâchoire restent exposés. Les études biomécaniques révèlent que 35% des impacts lors d’accidents de scooter concernent la zone du menton, non protégée par ce type de casque.

Le casque modulable tente de conjuguer les avantages des deux précédents modèles. Sa mentonnière relevable permet de basculer rapidement entre configuration intégrale et jet. Cette polyvalence séduit particulièrement les scootéristes effectuant des trajets mixtes ville-périphérie. Néanmoins, le mécanisme articulé ajoute du poids, portant la masse totale entre 1500 et 1800 grammes. La complexité mécanique

nécessite en outre une fabrication particulièrement rigoureuse pour maintenir un bon niveau de résistance en cas de choc. Tous les casques modulables ne se valent donc pas : certains modèles entrée de gamme offrent un confort appréciable, mais une protection inférieure à celle d’un intégral haut de gamme. Si vous roulez majoritairement en ville à faible vitesse, ce compromis peut rester acceptable. En revanche, pour les trajets réguliers sur voies rapides, un intégral reste le meilleur choix en matière de sécurité pure.

Norme ECE 22.06 : nouvelles exigences en matière d’absorption des chocs

Depuis quelques années, la norme ECE 22.06 remplace progressivement l’ancienne 22.05 sur le marché européen. Cette nouvelle réglementation impose des tests plus sévères, notamment en multipliant les points d’impact sur la calotte et la mentonnière, mais aussi en variant les vitesses et les angles de chute. Concrètement, un casque homologué 22.06 offre une meilleure capacité à absorber l’énergie lors d’un choc oblique, scénario très fréquent lors des accidents de scooter.

La 22.06 intègre également des essais avec des accessoires montés (visières solaires internes, intercom, spoilers) afin de vérifier que ces éléments ne compromettent pas la sécurité. Pour vous, scootériste, cela signifie qu’un casque récent, certifié ECE 22.06, est plus tolérant face à l’imprévu et protège mieux dans les situations complexes, comme une glissade suivie d’un second impact. Lors de l’achat, vérifiez toujours l’étiquette interne : la mention E dans un cercle, suivie d’un chiffre et de la référence 22-06, atteste de cette homologation.

Faut-il pour autant proscrire un casque encore homologué 22.05 ? Tant qu’il est en bon état, non, car il reste légal et protecteur. Mais si vous achetez un nouvel équipement de sécurité pour scooter aujourd’hui, autant « investir dans l’avenir » en choisissant un modèle déjà conforme à la 22.06. Le surcoût à l’achat reste limité au regard du gain de sécurité et de la durée de vie moyenne d’un casque, estimée à cinq ans maximum.

Homologation P/J et double homologation pour les casques modulables

Les casques modulables répondent à un cas particulier d’homologation. Vous verrez souvent, à côté de la référence ECE, les lettres P, J ou P/J. La lettre P signifie « Protective » : le casque a passé avec succès les tests de protection de la mâchoire et de la mentonnière, comme un intégral classique. La lettre J désigne, elle, une homologation en configuration jet, sans protection maximale du menton.

La mention P/J indique une double homologation. Le casque modulable a été testé et validé à la fois en position fermée (intégrale) et en position ouverte (jet). C’est un point crucial si vous avez l’habitude de rouler mentonnière relevée en ville : seuls les casques doublement homologués sont autorisés à circuler ainsi, et encore, dans certaines limites de vitesse et de bon sens. En cas d’accident, cette double homologation peut aussi peser dans la balance vis-à-vis de votre assurance.

Pour un scootériste qui cherche un équipement de sécurité polyvalent, viser un modulable P/J est donc une excellente stratégie. Gardez cependant en tête une règle simple : dès que la vitesse augmente (périphérique, voies rapides), rabaissez systématiquement la mentonnière et verrouillez-la correctement. Considérez la position « jet » comme une configuration d’appoint, adaptée aux très faibles vitesses et aux manœuvres urbaines, mais pas comme votre mode de roulage principal.

Systèmes de rétention à double boucle et attache micrométrique

Un casque, même le plus performant, perd une grande partie de son efficacité s’il n’est pas correctement maintenu sur votre tête. C’est le rôle du système de rétention, plus communément appelé « jugulaire ». En Europe, deux grands types de fermetures coexistent : la boucle double D et l’attache micrométrique. La première, historiquement utilisée en compétition, offre un serrage très précis et une excellente tenue en cas de choc violent. Elle demande en revanche un peu de pratique pour être réglée rapidement, surtout avec des gants.

L’attache micrométrique, très répandue sur les casques urbains et les casques pour scooter, fonctionne avec une crémaillère et un levier de verrouillage. Plus intuitive, elle permet un réglage facile au quotidien, y compris pour les débutants. Sur les modèles récents, ce système est parfaitement fiable, à condition de respecter une consigne : ne jamais laisser plus de deux doigts entre la sangle et le menton. Un casque mal serré peut se désolidariser de la tête lors d’une glissade ou d’un retournement, annulant les bénéfices de votre équipement de sécurité.

Dans tous les cas, choisissez un casque que vous êtes en mesure d’attacher et de détacher correctement à chaque trajet. Un système extrêmement performant sur le papier mais mal utilisé reste moins sécurisant qu’une jugulaire micrométrique bien ajustée. N’hésitez pas à demander une démonstration en magasin et à répéter le geste plusieurs fois avant de valider votre achat.

Gants homologués EN 13594 : protection des mains et articulations

En scooter, vos mains sont à la fois votre principal outil de pilotage et l’un de vos premiers réflexes de protection en cas de chute. Sans gants adaptés, un simple glissement à 30 km/h peut provoquer des brûlures profondes, des fractures et des lésions tendineuses lourdes de conséquences. C’est pourquoi le port de gants homologués est obligatoire depuis 2016 pour les conducteurs et passagers de deux-roues motorisés. Au-delà de l’amende et du retrait de point, rouler mains nues, en gants de ville ou en gants de ski, revient à se priver d’un équipement de sécurité essentiel en scooter.

Gants certifiés niveau 1 KP et niveau 2 KP selon EN 13594:2015

La norme européenne EN 13594:2015 encadre spécifiquement les gants de moto et de scooter. Elle distingue deux niveaux de performance, niveau 1 et niveau 2, et la présence ou non de protections renforcées au niveau des articulations, identifiée par la mention KP (Knuckle Protection). Les gants niveau 1 KP offrent une protection correcte pour un usage urbain ou périurbain, avec des exigences minimales en termes de résistance à l’abrasion, à la déchirure et au coupure, tout en préservant une bonne souplesse.

Les gants niveau 2 KP répondent à des critères plus stricts : ils doivent résister plus longtemps à l’abrasion, aux chocs et aux torsions, ce qui les destine plutôt à un usage intensif ou à des vitesses plus élevées. Pour un scootériste qui circule principalement en ville, un modèle certifié niveau 1 KP constitue déjà un excellent compromis entre protection et confort. Si vous empruntez régulièrement des axes rapides ou parcourez de longues distances, privilégier des gants niveau 2 KP renforcera significativement votre sécurité.

Pour vérifier l’homologation, regardez l’étiquette interne : vous devez y trouver le marquage CE, le pictogramme d’un motard, et la mention EN 13594:2015 suivie du niveau (1 ou 2) et de la mention KP le cas échéant. En l’absence de ces informations, considérez que le gant n’est pas un véritable équipement de protection pour deux-roues, même s’il est vendu comme « spécial moto ».

Protection des métacarpiens et renforcement des phalanges avec coque rigide

Lors d’une chute en scooter, le réflexe naturel est de tendre les mains pour amortir l’impact. Ce geste expose particulièrement les métacarpiens (les os du dessus de la main) et les phalanges, zones fragiles et très sollicitées au quotidien. Les gants moto homologués intègrent donc une coque rigide ou semi-rigide sur le dessus de la main, destinée à diffuser l’énergie du choc sur une surface plus large et à éviter la fracture nette d’un ou plusieurs os.

Les meilleurs modèles combinent cette coque avec des renforts supplémentaires au niveau de la paume, des doigts et du poignet. Ces inserts, en mousse à mémoire de forme, en plastique injecté ou en matériaux intelligents comme le D3O, absorbent et dissipent une partie de l’énergie en cas d’impact. Ils jouent un rôle comparable à celui d’un pare-chocs sur une voiture : mieux vaut déformer le gant que votre main. Grâce à eux, les gants ne se contentent pas de limiter les brûlures d’abrasion, ils réduisent également les risques de fractures et d’entorses.

Veillez cependant à trouver un équilibre entre protection et mobilité. Un gant trop rigide, mal ajusté ou surdimensionné peut nuire à votre capacité à actionner précisément les leviers de frein et d’embrayage. Essayez systématiquement vos gants avec le guidon ou, à défaut, en simulant les mouvements de freinage et d’accélération pour vérifier que les coques et renforts ne gênent pas votre pilotage.

Matériaux techniques : cuir de kangourou, kevlar et fibres schoeller

La performance d’un gant moto ou scooter repose en grande partie sur les matériaux utilisés. Le cuir reste une référence, notamment le cuir de vachette, de chèvre ou de kangourou. Ce dernier, plus rare et plus onéreux, présente un excellent rapport épaisseur/résistance, permettant de concevoir des gants très protecteurs tout en conservant une grande finesse de toucher. Pour renforcer encore la résistance à l’abrasion, les fabricants associent souvent le cuir à des fibres techniques.

Parmi elles, le Kevlar est probablement la plus connue. Utilisé sous forme de doublure ou de renforts internes, il améliore fortement la tenue du gant en cas de glissade prolongée sur le bitume, un peu comme une « armure souple » invisible. Les tissus Schoeller, quant à eux, regroupent plusieurs fibres techniques haut de gamme, parfois élastiques, offrant un mix intéressant de résistance mécanique, de confort et, sur certains produits, de déperlance ou de respirabilité. Ils sont particulièrement appréciés pour les gants de mi-saison ou été, où l’on cherche à rester protégé sans « cuire » à l’intérieur.

Pour un usage quotidien en scooter, vous pouvez raisonner comme pour un vêtement de sport technique : mieux vaut un gant bien conçu en matériaux éprouvés qu’un modèle très épais mais mal ventilé ou mal taillé. L’objectif est double : vous protéger efficacement en cas de chute et conserver des mains sèches, chaudes (ou fraîches l’été) et fonctionnelles pour garder une parfaite maîtrise de votre deux-roues.

Blouson et pantalon renforcés : protections dorsales et articulaires certifiées

Si le casque et les gants sont imposés par la loi, le blouson et le pantalon restent encore facultatifs… mais indispensables pour qui veut faire du scooter un moyen de transport sûr. Une chute même à vitesse modérée provoque des abrasions sévères sur les bras, les épaules, les hanches et les genoux si la peau est exposée. Un jean classique ou une veste en coton ne résistent souvent que quelques mètres avant de se déchirer. À l’inverse, un ensemble spécifiquement conçu pour la moto, avec renforts intégrés, agit comme une « seconde peau » capable d’encaisser les glissades et les chocs.

Protections CE niveau 1 et niveau 2 pour coudes, épaules et genoux

Les protections articulaires intégrées dans les blousons et pantalons modernes répondent à la norme EN 1621-1. Comme pour les gants, deux niveaux de performance coexistent : niveau 1 et niveau 2. Les coques niveau 1 offrent une absorption de choc suffisante pour un usage courant et urbain, avec un compromis intéressant entre volume, confort et sécurité. Les protections niveau 2, plus épaisses et plus performantes, réduisent davantage l’énergie transmise au corps, au prix parfois d’un léger surcroît d’encombrement.

Un bon équipement de sécurité pour scooter devrait a minima intégrer des protections CE aux coudes et aux épaules pour le haut du corps, ainsi qu’aux genoux pour le bas. Sur certains pantalons, des renforts au niveau des hanches sont également prévus, ce qui limite les risques de fractures du col du fémur, fréquentes lors des chutes latérales. Lorsque vous essayez un blouson ou un pantalon, vérifiez que ces coques sont correctement positionnées lorsque vous êtes assis sur le scooter, et pas seulement debout dans la cabine d’essayage.

La plupart de ces protections sont amovibles, ce qui facilite le nettoyage du vêtement et permet, si besoin, de les remplacer par des modèles de niveau supérieur. N’hésitez pas à investir dans des coques niveau 2 si vous roulez souvent ou à des vitesses élevées : le surcoût reste modéré au regard du gain en sécurité, particulièrement sur le long terme.

Dorsale certifiée EN 1621-2 : protection de la colonne vertébrale

La dorsale est l’une des protections les plus cruciales et pourtant encore trop souvent négligée. En cas d’impact direct ou de choc contre un obstacle (bordure, véhicule, mobilier urbain), la colonne vertébrale peut subir des lésions graves, parfois irréversibles. Une dorsale certifiée EN 1621-2 est spécifiquement conçue pour absorber et répartir l’énergie d’un choc sur une large zone du dos, réduisant ainsi le risque de fractures vertébrales et de lésions médullaires.

On distingue deux formats principaux : la dorsale intégrée dans le blouson, généralement fournie sous forme de mousse simple qu’il est vivement conseillé de remplacer par une vraie protection CE, et la dorsale indépendante, portée comme un gilet sous le blouson. Cette dernière offre souvent une meilleure couverture (des cervicales jusqu’aux lombaires) et un maintien plus précis, au prix d’un équipement supplémentaire à enfiler.

Comme pour les protections articulaires, la norme EN 1621-2 prévoit deux niveaux : niveau 1 et niveau 2. Une dorsale niveau 2 laisse passer deux fois moins d’énergie qu’une dorsale niveau 1 lors des tests de choc. Si vous considérez votre scooter comme un véhicule du quotidien et non comme un simple appoint, miser sur une dorsale de bonne qualité est un choix de raison. C’est un peu l’équivalent de l’airbag dans une voiture : on espère ne jamais en avoir besoin, mais le jour où il se déclenche, on bénit son existence.

Textiles techniques : cordura, D3O et membranes Gore-Tex pour l’étanchéité

Les blousons et pantalons dédiés au scooter ne se résument pas à quelques coques en plastique glissées dans une veste ordinaire. Ils utilisent des textiles techniques spécialement développés pour résister à l’abrasion, aux déchirures et aux intempéries. Le Cordura, par exemple, est un polyamide haute ténacité bien plus robuste que le nylon classique. À épaisseur équivalente, il résiste beaucoup mieux au frottement sur le bitume, un peu comme une toile de tente professionnelle par rapport à un simple coupe-vent.

Les matériaux dits « intelligents » comme le D3O complètent cette approche. Souples et confortables au repos, ils se rigidifient instantanément sous l’impact pour absorber l’énergie du choc. Intégrés dans les protections d’épaules, de coudes, de genoux ou de hanches, ils permettent de concevoir des vêtements à la fois protecteurs et agréables à porter toute la journée, y compris au bureau. Vous avez ainsi moins l’impression de porter une « armure », ce qui augmente vos chances de garder votre équipement en toutes circonstances.

Enfin, les membranes étanches et respirantes comme le Gore-Tex jouent un rôle clé dans votre confort et donc, indirectement, dans votre sécurité. Rester au sec même sous une pluie soutenue vous évite de vous crisper, de grelotter et de perdre en concentration. Ces membranes laissent s’échapper la vapeur d’eau produite par votre corps tout en bloquant les gouttes de pluie, un peu comme une « peau high-tech » qui respire sans laisser entrer l’eau. Pour un scootériste urbain qui roule par tous les temps, ce type de vêtement est un investissement très vite rentabilisé.

Airbag pour scooter : systèmes helite turtle et In&Motion pour la protection thoracique

Au-delà des protections rigides classiques, les gilets et blousons airbag représentent aujourd’hui le sommet de la protection passive pour les usagers de deux-roues. En quelques fractions de seconde, ils gonflent autour de votre buste, de votre dos et parfois de votre cou afin de former un coussin protecteur entre vous et l’obstacle. Pour un scootériste, c’est un atout majeur, notamment en cas de choc frontal ou de projection vers l’avant du véhicule.

Les systèmes filaires comme ceux de la marque Helite (notamment la technologie Turtle) fonctionnent grâce à un câble relié à la moto ou au scooter. En cas d’éjection, la tension exercée sur ce câble déclenche mécaniquement une cartouche de gaz qui remplit l’airbag. L’appellation « Turtle » fait référence à la coque dorsale rigide placée à l’extérieur de l’airbag, qui agit comme une carapace de tortue en répartissant encore mieux l’énergie du choc. L’avantage de ces solutions réside dans leur robustesse et leur simplicité : pas d’électronique, peu de risques de faux déclenchement.

Les systèmes électroniques, comme ceux développés par In&Motion et intégrés à différents blousons de grandes marques, utilisent des capteurs et un algorithme d’analyse en temps réel. Ils détectent un accident en quelques millisecondes, sans liaison physique avec le scooter, ce qui les rend adaptés à un usage multi-véhicules. Leur logique se rapproche de celle d’un airbag automobile connecté à des capteurs de décélération. Le coût initial et l’abonnement éventuel peuvent sembler élevés, mais si vous utilisez intensivement votre deux-roues, ce niveau de protection supplémentaire mérite véritablement réflexion.

Chaussures montantes homologuées CE : protection des chevilles et malléoles

Les pieds et les chevilles sont parmi les zones les plus exposées en scooter. Entre les risques d’écrasement, de torsion et d’abrasion, une simple paire de baskets légères se révèle très insuffisante. En cas d’accident, il n’est pas rare que la chaussure se déchausse, laissant le pied totalement nu face au bitume et aux éléments mécaniques du véhicule. C’est pourquoi des chaussures montantes homologuées CE, spécialement conçues pour la moto et le scooter, constituent un équipement de sécurité à considérer comme indispensable.

Ces chaussures intègrent des renforts rigides ou semi-rigides au niveau des malléoles, du talon et parfois de la pointe du pied. Leur semelle, plus rigide qu’une semelle classique, limite les risques de torsion en cas de choc latéral ou de glissade, un peu comme un plâtre préventif qui maintiendrait la cheville sans vous gêner pour marcher. Elles sont testées selon la norme EN 13634, qui évalue leur résistance à l’abrasion, à l’écrasement et aux chocs.

Vous craignez de devoir adopter un look « motard » complet pour aller au bureau ? Les fabricants ont bien compris cette réticence et proposent désormais de nombreux modèles au design urbain : sneakers montantes, bottines en cuir type ville, voire chaussures ressemblant à des derbies. Elles peuvent tout à fait se porter toute la journée sans attirer l’attention, tout en vous offrant un bouclier discret pour vos chevilles. L’important est de bannir définitivement tongs, sandales et mocassins pour vos trajets en scooter, quelle que soit la température extérieure.

Gilet airbag électronique et dispositifs de visibilité réfléchissants

En plus de la protection mécanique, la visibilité joue un rôle déterminant dans votre sécurité en scooter. Une part significative des accidents impliquant un deux-roues provient d’un défaut de perception : « je ne l’ai pas vu » est une phrase tristement fréquente dans les constats d’accident. Pour réduire ce risque, deux types d’équipements se révèlent particulièrement efficaces : les gilets airbag électroniques déjà évoqués, et les dispositifs réfléchissants destinés à vous rendre plus visible, de jour comme de nuit.

Le gilet airbag électronique, porté au-dessus ou en dessous du blouson, cumule les bénéfices : il protège votre thorax, votre dos et parfois votre cou, tout en présentant souvent des surfaces réfléchissantes importantes. Certains modèles associent couleur fluo et bandes rétro-réfléchissantes, ce qui vous rend beaucoup plus perceptible dans les rétroviseurs des automobilistes. C’est un peu comme passer d’une lumière de veilleuse à un véritable projecteur en termes de visibilité passive.

En complément, vous pouvez miser sur plusieurs dispositifs réfléchissants : stickers homologués sur le casque, liserés sur les jantes, surchaussures fluorescentes, ou encore gilets haute visibilité conformes à la norme EN 20471. La loi impose déjà la présence d’un gilet jaune à portée de main, à enfiler en cas d’arrêt d’urgence ; rien ne vous empêche de l’utiliser aussi en cas de pluie, de brouillard ou de circulation nocturne dense. Pensez également aux blousons et pantalons intégrant des inserts réfléchissants stratégiquement placés sur les épaules, le dos et les mollets, zones particulièrement visibles pour les autres usagers.

Posons-nous une question simple : préférez-vous sacrifier un peu de discrétion vestimentaire ou augmenter de façon significative vos chances d’être vu à temps par un automobiliste distrait ? Dans la grande majorité des cas, le choix de la sécurité s’impose. La bonne nouvelle, c’est que les équipementiers réussissent aujourd’hui à intégrer ces éléments réfléchissants de manière élégante, au point de les rendre parfois quasi invisibles de jour mais très efficaces la nuit.

Antivol SRA et système de freinage ABS : équipements de sécurité active obligatoires

La sécurité en scooter ne se limite pas à la protection de votre corps en cas de chute. Elle englobe aussi la sécurité active, c’est-à-dire tout ce qui contribue à éviter l’accident ou à limiter ses conséquences, ainsi que la sécurité matérielle de votre véhicule. Deux éléments méritent ici une attention particulière : le système de freinage ABS et l’usage d’un antivol homologué SRA.

L’ABS (système antiblocage des roues) est désormais obligatoire sur les scooters de cylindrée supérieure ou égale à 125 cm³ et de plus de 11 kW. Sur les modèles plus petits, on retrouve au minimum un système de freinage combiné (CBS). Concrètement, l’ABS empêche les roues de se bloquer lors d’un freinage d’urgence ou sur revêtement glissant, ce qui réduit drastiquement le risque de chute par perte d’adhérence. C’est un peu l’équivalent d’un parachute électronique : vous conservez une capacité de direction même en freinant fort, ce qui peut vous permettre d’éviter un obstacle au lieu de le percuter.

Pour vous, cela implique une chose essentielle : oser freiner fort en cas de danger, sans craindre de bloquer immédiatement la roue avant. Bien sûr, l’ABS ne fait pas de miracles si les pneus sont usés ou si la route est couverte de gravier, mais les études montrent une réduction significative des accidents graves sur les deux-roues équipés. Lorsque vous choisissez un scooter, privilégiez donc un modèle doté d’un ABS efficace, et entraînez-vous, sur un parking dégagé, à ressentir son déclenchement pour ne pas être surpris le jour où vous en aurez réellement besoin.

L’antivol SRA, quant à lui, relève plutôt de la sécurité patrimoniale, mais il a un impact indirect sur votre sérénité et donc sur votre conduite. Homologué par un organisme indépendant, il répond à des critères de résistance stricts face aux tentatives de vol (sciage, coupe-boulon, torsion). Chaîne, U, bloque-disque avec alarme : plusieurs formats coexistent, mais la règle d’or est la suivante : attachez toujours votre scooter à un point fixe dès que c’est possible. Un scooter facile à voler attire les opportunistes, et un vol ou une tentative de vol peut vous exposer à des situations dangereuses, notamment si vous surprenez les voleurs.

De nombreuses assurances exigent d’ailleurs l’usage d’un antivol SRA pour appliquer pleinement leurs garanties vol. S’équiper d’un bon antivol fait donc partie intégrante de votre stratégie globale de sécurité en scooter, au même titre qu’un casque homologué ou un blouson renforcé. En combinant équipements de protection individuelle, technologies de sécurité active comme l’ABS, et dispositifs antivol fiables, vous créez autour de vous et de votre deux-roues un véritable écosystème de sécurité, pensé pour vous accompagner sereinement au quotidien, trajet après trajet.